Qu'est-ce que l'espace Schengen ? Définition et histoire

"Espace Schengen”… Un nom connu mais dont la signification reste pourtant encore un peu floue même pour un grand nombre de ses habitants ! De son histoire à ses pays membres de l’espace Schengen, en passant par l’origine de son nom et son mode de fonctionnement, on répond à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur cet espace européen qui occupe une superficie de plus de 4 millions de km². 

Où se trouve l’espace Schengen ?

Aujourd’hui, l’espace Schengen couvre la majeure partie de l’Europe, occupe une superficie de 4 312 099 km², compte 422 millions d’habitants (chiffres 2015) et regroupe 26 pays membres.

Quels sont les états membres de l’espace Schengen ?

Il y a maintenant 26 Etats membres de l'espace Schengen :

  • 22 Etats membres de l'Union  européenne : Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Suède, Finlande, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie et Malte ;
  • 4 Etats associés : Islande, Norvège, Suisse, Liechtenstein.

 

Espace Schengen carte pays

 

Qui ne fait pas partie de l'espace Schengen ?

Il y a un petit piège ! Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tous les pays Schengen ne font pas partie de l’Union européenne et tous ceux de l’Union européenne ne font pas partie de l’espace Schengen. Bien que membres de l’UE,

  • Chypre,
  • l’Irlande,
  • la Croatie,
  • la Bulgarie
  • la Roumanie ne sont pas (encore) membres de l’espace Schengen.

Le Royaume-Uni, sorti de l’UE le 31 janvier 2020, ne l’est pas non plus.

Le saviez-vous ? 
- Certains territoires pourtant rattachés à des pays membres n’appliquent pas les conventions du traité de Schengen. C’est notamment le cas, pour la France, des DROM-COM (départements et régions d'outre-mer et collectivités d'outre-mer). Pour ces territoires, il faut demander un visa à part.
- Bien que ne faisant pas partie de l’espace Schengen, les normes du traité s’appliquent pour 3 micro-Etats européens : Monaco, Saint-Marin et le Vatican.

Comment est né l’espace Schengen ?

Comme Rome, la construction de cette zone européenne, telle qu’on la connaît aujourd’hui, ne s’est pas faite en un jour !

Elle a débuté, il y a 35 ans, avec 5 pays membres de la Communauté économique européenne (CEE). Le 14 juin 1985, la France, la République fédérale d’Allemagne (l’Allemagne était alors constituée de la RFA et de la RDA) et les trois pays du Benelux (Belgique, Luxembourg et Pays-Bas) signent les accords de Schengen. Ils ont pour objet la

  • suppression des contrôles aux frontières communes entre ces États
  • la libre circulation des personnes
  • le renforcement de la coopération policière, douanière et judiciaire entre les Etats signataires.

Ces accords sont précisés par une convention d’application. Cette dernière, signée en 1990, détaille le mode de fonctionnement de cette nouvelle zone et un comité exécutif veille à l’application du traité. Pour des modalités techniques, il faut attendre le 26 mars1995 pour que les accords de Schengen entrent en vigueur. Au fur et à mesure, d’autres pays européens ont signé les accords et ils sont aujourd’hui 26 à faire partie de l’espace Schengen.

D’où vient le nom de Schengen ?

Schengen est le nom du village luxembourgeois où ont été signés les accords, en 1985. Et il n’a pas été choisi par hasard !

Situé au tripoint Allemagne-France-Luxembourg, sa situation géographique est très symbolique puisqu’elle connecte les frontières entre l’Allemagne et la France, entre l’Allemagne et le Luxembourg et la France et le Luxembourg. Autre clin d’œil allégorique, la ratification du traité a eu lieu sur un bateau de plaisance, le M.S. Marie-Astrid, ancré sur la Moselle…une rivière qui traverse trois des pays signataires.

Le saviez-vous ? Lors de la signature des accords de Schengen, Edith Cresson, alors ministre du président François Mitterrand, interroge les dirigeants luxembourgeois, qui assuraient à l’époque la présidence tournante de l’Europe, sur le choix de ce "coin perdu au nom si difficile à prononcer". Ils lui répondent, non sans humour : "nous avons longtemps hésité entre Schengen et le village de Schlindermanderscheid".

Quel est l’intérêt de l’espace Schengen ?

La libre circulation des personnes

Depuis l’entrée en vigueur des accords de Schengen, en 1995, l’abolition des contrôles aux frontières intérieures de cette zone participe au principe de la liberté de circulation des personnes. Concrètement, cela signifie que tout individu (ressortissant d’UE ou d’un pays tiers), une fois entré sur le territoire de l’un des pays membres de l’espace Schengen, peut franchir les frontières des autres pays sans subir de contrôles. Il est ainsi possible de vivre, d’étudier, de travailler ou encore de prendre sa retraite partout dans cette zone. Adieu files d’attente interminable devant les postes frontières ! L’abolition des contrôles aux frontières intérieures a permis de fluidifier la circulation aussi bien des individus que des marchandises.

Le saviez-vous ? D’après le site du Parlement européen, jusqu’à 3,5 millions de personnes traversent chaque jour une frontière intérieure de l’Union européenne !

A savoir : un Etat Schengen peut rétablir temporairement le contrôle à ses frontières, et après avoir consulté les autres pays-membres, en cas d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité nationale ou pour des raisons sanitaires. Cela a notamment été le cas, en 2015, lors de la crise migratoire qui a contraint de nombreux pays à restreindre, voire à interdire, les entrées sur leur territoire.

La sécurité renforcée pour mieux protéger l’espace Schengen

Si les contrôles aux frontières intérieures ont été supprimés, ceux aux frontières extérieures ont, quant à eux, été renforcés afin d’assurer davantage de sécurité dans l’espace Schengen et de lutter contre l’immigration illégale. D’après les chiffres donnés sur le site du Parlement européen : jusqu'à 1,83 million de passages illégaux ont été détectés aux frontières extérieures européennes en 2015.

Cette surveillance accrue des frontières extérieures repose sur plusieurs mesures respectées par les Etats membres : -

  • une politique commune en matière de visa pour les séjours de court séjour (90 jours maximum pour toute période de 180 jours). En effet, un grand nombre de ressortissants de pays tiers sont, en fonction de leur nationalité, obligés de faire une demande de visa Schengen pour avoir le droit d’entrer et de circuler dans l’espace Schengen. Les demandeurs de visa doivent remplir plusieurs conditions dont celle d’être obligatoirement en possession d’une attestation d'assurance médicale de voyage, qui doit elle-même respecter plusieurs critères afin d’être validée
  • la mise en place, dès 2021, de l’ETIAS (système européen d'information et d'autorisation de voyages) pour les voyageurs dont la nationalité est exempté d’obligation de visa Schengen. Ce formulaire de contrôle rempli avant d’entreprendre un voyage permet de détecter en amont les criminels, les terroristes ou tout individu présentant un risque avant d’entrer sur le territoire européen
  • l’union des forces pour lutter contre la criminalité grâce à la coopération policière et judiciaire entre les Etats participants. Cette collaboration est concrétisée par le partage d’informations. Notamment via le SIS (système d'information Schengen), un fichier informatique de données et consultable par différents services de sécurité des pays membres Le saviez-vous ? En avril 2019, les députés européens ont adopté la nouvelle législation visant à renforcer le corps européen de garde-frontières et garde-côtes. D’ici 2027, 10.000 agents auront pour mission de renforcer les contrôles aux frontières extérieures.

Le saviez-vous ? En avril 2019, les députés européens ont adopté la nouvelle législation visant à renforcer le corps européen de garde-frontières et garde-côtes. D’ici 2027, 10.000 agents auront pour mission de renforcer les contrôles aux frontières extérieures.

En clair, les accords de Schengen n’ont pas fait perdre leur souveraineté aux états, mais leur ont permis d’adhérer à un mode de fonctionnement de l'espace Schengen permettant de profiter de l’entente mise en place après-guerre, plaçant ainsi l’Europe parmi les puissances économiques mondiales.

Une assurance voyage et médicale pour respecter les termes des accords de Schengen

Extrait du "Règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009", qui est entré en vigueur le 5 avril 2010: (...)

"Les demandeurs de visa uniforme à une ou deux entrées prouvent qu’ils sont titulaires d’une assurance maladie en voyage adéquate et valide couvrant les éventuels frais de rapatriement pour raison médicale, de soins médicaux d’urgence et/ou de soins hospitaliers d’urgence ou de décès pendant leur(s) séjour(s) sur le territoire des États membres. Cette assurance est valable sur l’ensemble du territoire des États membres et pendant toute la durée du séjour ou du transit prévu de l’intéressé. La couverture minimale est de 30.000 EUR." (...)

AXA Schengen vous propose les assurances conformes à ces exigences européennes.

Qu’est-ce que l’espace Schengen ?

L’espace Schengen - composé de 26 pays européens - est la plus grande zone au monde dans laquelle il est possible de circuler librement grâce à la suppression des contrôles aux frontières intérieures.

Pourquoi l’espace Schengen s’appelle ainsi ?

Composé de 26 pays européens - cet espace tient son nom de Schengen - le village luxembourgeois où ont été signés - en 1985 - les accords qui ont validé le principe de libre circulation des personnes dans cette zone.

Depuis quand existe l’espace Schengen ?

Si les premiers accords de Schengen ont été signés en 1985 - il a fallu attendre 1995 pour qu’ils entrent en vigueur. La composition de l’espace Schengen s’est élargie au fil du temps et cette zone compte aujourd’hui 26 pays membres.